24/03/22
J’ai perdu mes phrases J’ai perdu mes poèmes J’ai perdu mes mots. La langue qui tissait notre lien N’étais pas la mienne, N’était pas la mienne, mais elle comptait Chaque battement de coeur Chaque pensée de l’esprit Chaque émoi de l’âme. Et puis, elle les versait… Sur cette toile qui nous a fait rencontrer Sur cette toile qui nous a accroché Sur cette toile qui nous a ensorcelée. Ou bien était-ce toi ? Qui maniait tes belles déclarations - comme un diplomate trompeur Qui effleurait mon coeur - comme un chirurgien boucher Qui collectionnait mes larmes - comme un chercheur assoiffé Etait-ce toi, Qui m’a mené dans cette dance d’illusion ? Qui m’a enivrée de douces chimères ? Qui m’a fait perdre pieds dans une mare ? Alors, je t’écris dans cette langue… Que tu ne connais pas Que tu ne maîtrise pas Que tu n’entends pas… Pour mieux entendre Mon propre battement de coeur Ma propre voix. Mon propre être. Tu vois, Petit garçon, Petit moineau, Petit chimère, Tu n’as jamais compris Mes mots Mes rêves Mon âme. Tu n’as pas su lire le battement de mes ailes Tu n’as pas su lire l’étirement de mes membres, Tu n’as pas su lire l’essoufflement dans ma gorge… Un jour, Il fallait m’envoler. Tu l’entends ce bruissement ? Tu l’entends ce fracassement ? Tu l’entends ce étranglement ? Et ce silence… Veut-il enfin dire quelque chose pour toi ?
